
vendredi 14 décembre
sur ce mur des nouvelles fraîches tous les jours un ton une humeur différente une couleur teintée d’actualité de fraîches nouvelles je me demande bien qui cela peut intéressé de lire une écriture si petite si haute et si inconfortable ce matin il y a des journalistes qui ont parlé dans le grand patio à côté on entendait rien il y avait un monsieur un mec un monsieur qui parlait de l’exposition d’à côté mais l’acoustique de l’espace d’exposition d’à côté est mauvaise pour faire un discours parce qu’il y a une musique en boucle qui passe en fait il n’y a jamais de silence ici on est accompagné de guitares et de clavecins c’est de la musique baroque du XVIII e siècle revisité ça va c’est relativement tranquille pour écrire c’est une drôle d’ambiance aussi comme l’actualité d’en ce moment avec les grèves les blocages dans les facs les gilets jaunes qui bloquent les centres commerciaux qui cassent les radars sur la route qui campent comme des sans logis mais sur des ronds-points à se faire des feux toute la nuit. Il paraît que cette classe ouvrière ces smicards et retraités ne peuvent plus joindre les deux bouts comme on dit et le gouvernement qui réagit et fait des promesses sans lendemain ça apaise donc pour l'instant ça fonctionne ce qui ne fonctionne pas c’est cette petite écriture les vieux yeux ne vont pas aimer je crois que je me mets à dos les plus jeune aussi on m’a fait comprendre que c’était pas très sympa bon alors aujourd’hui j’écris une écriture pas sympathique comme quoi tout est possible comme cette écriture non utilitaire et pas esthétique j’aimerais écrire comme sur une feuille de papier mais franchement c’est indomptable d’écrire aussi haut bon on continue aujourd’hui c’est le soir du vernissage ce genre d'évènement où il y a le plus de visiteurs en un laps de temps. le genre d’évènement où c’est stratégique de mettre en évidence son travail sous forme de performance sous forme de petit spectacle à donner au spectateur parce que après tout je ne sais plus… J’ai encore perdu le fil avec le retour à la ligne du mur.C’est compliqué d’écrire car cette écriture est tout le temps interrompue voilà je ne sais plus où j’en suis c’est impossible de faire abstraction des sujets de ces gens qui demandent si ça va si c’est pas trop haut, ce qu’il faudrait faire et qu’il faut faire attention de ne pas tomber de l’escabeau qu’il faut corriger mes fautes d’orthographes sauf qu’une fois le premier passage terminé c’est râpé dans le sens où je ne peut pas repasser ou revenir en arrière car c’est le principe du live quand tu es en direct tu n’as pas de deuxième chance c’est la dure loi du marché à croire que la loi du marché elle est comme ça premier servi premier arrivé nen mais c’est une écriture très inconfortable je suis interrompu par des micros-surprises par des micros-accidents faire semblant de se concentrer parce que c’est impossible d’écrire ne serait-ce qu’une ligne cohérente car sérieusement cette hauteur rend l’inconfort trop fort il y a il y a des bégaiements des bégaiements ça me fait penser aux poèmes de Ghérasim Luca c’est un poète qui fait genre qu’il bégaie tout le temps il y a un de ses poèmes qui s’intitule Passionnément où le principe est de déplier le mot passionnément j’aimerais beaucoup en finir avec cette écriture je vais faire en sorte de finir ce crayon le plus vite possible je pourrais parler de sujet plus agréables comme la nature, l’environnement ouais de l’environnement ambiant ici dans ce musée il y a dans cette pièce de plus en plus de monde qui se parle et qui boit.
Panne d’inspiration bon game over je me rends à cause de la fatigue.
samedi 15 décembre
juste avant d’arriver ici j’écoutais Rich Girl de Gwen Stefani et en traversant le piéton je vois des manifestants d’origines syriennes qui font la grève de la faim dans le but de libérer Abdullah Öcalan en gros cet Abdullah a été capturé et emprisonné en 1999 par la Turquie ce mec est le symbole de la paix turque et les kurdes qui le soutiennent sont en train de faire la grève de la faim depuis le 6 décembre de cette année et cette grève appelle à faire grève de la faim il est difficile de s’arrêter de manger en cette période pré-festivale je trouve ici c’est la période des examens à la face enfin à l’université ici on est abruti par les pubs de chocolats, de foie gras et autre bouffes ultra saturés je crois que notre société capitaliste a du mal avec les grèves de la faim et c’est pas la fin du monde comme on dit d’ailleurs elle a même été programmée en 2012 la fin du monde par les peuples mayas je me souviens des coups de flip qu’on avait en soirée en 2012 du genre tes potes qui te disent mais boie ne t’en fais plus c’est bientôt la fin du monde et puis au final la fin du monde n’est encore jamais arrivée. Depuis que je suis petite j’entends parler des obsolescences programmées comme si la planète allait imploser du jour au lendemain.
dimanche 16 décembre
l’actualité locale de ce dimanche est pourrie rien a dire de spécial cette écriture n’arrête pas de pencher c’est trop bancal comme la météo d’aujourd’hui lundi c’est fermé.
mardi 18 décembre
A la radio ça parle de gouvernement de coulisses d’un débat public un débat des plus important ras-le-bol de cette suspicion générale que le sujet de l'immigration sera abordé en troisième partie voilà à la radio de france info ok rien à voir mais le sol perpendiculaire à ce mur n’est pas ouais c’est vraiment pas droit en fait le sol d’ici aujourd’hui il ne passe pas grand chose ici le mardi matin pourtant il y a un groupe d’élèves de classe de primaire j’imagine qu’il passe ici des bruits d’échos ici des chut mais pousse-toi encore des brouhahas en fait ça rend vivant cet espace parce que dans un musée il y a ce genre d’espace hétérotopique il y a la place pour l’absence le musée si je me souviens bien ça a commencé au XVIIIe siècle c’est pas si vieux que ça en à l’air un musée en fait c’est un héritage moderne mais non qu’est-ce que je raconte le musée ça date du XVIIe siècle parce que en regardant le catalogue d’exposition le conservateur du musée dit en citation :”les musées naissent à la révolution suite à la nationalisation des collections appartenant à la couronne aux clergé aux émigrés cette intention ce geste ultra moderne de mise en boite consiste à mettre en valeur mais aujourd’hui en 2018 après avoir pris cette habitude de 2, 3 siècle peut-on apprendre à se déposséder ?
mercredi 19 décembre
aujourd’hui on est plus des numéros on est des prénoms aujourd’hui les affaires reprennent se réitèrent ça se renouvelle de fresh nouvelles ça n’accroche pas encore les yeux parce que c’est une écriture haute c’est une écriture de proxémie où en gros il n’y a pas de héros il n’y a pas d’évènements spécifiques il n’y a aucune quête il n’y a pas de conquête il n’y a pas d’imitation il n’y a pas d’ordre je crois même qu’il n’y a pas de résistance en fait il y a du contenu vide de substance un peu comme les discours éloquents de paroles et de styles éventrés juste pour impressionnés c’est l'époque du vide comme le rap de Disiz.
jeudi 20 décembre
aujourd’hui il y a une différence une nuance de plus peut-être est-ce cette hauteur qui ne fonctionne vraiment pas parfois on peut se planter une fois de plus c’est pas la fin du monde l’échec fait partie de l'expérimentation le conditionnement je veux dire la préparation et les temps de gestations n’en parlons même pas de l’inspiration des références et de la respiration des gros blancs que l’on rencontre dans la vie
vendredi 21 décembre
aujourd’hui il y a la pluie qui rend l’actualité déferlante pas plus actuelle qu’un autre jour il y a toujours les énumérations de civils de gens qui meurent et qui sont connus et moins connus l’énumération dans les médias de personnes qui meurent d’infos populaires sont les plus morbides c’est sûr que la peur est un super appât pour vendre à des milliards une addiction glauque alors il faut en déduire qu’écrire des bonnes nouvelles revient à un lectorat très faible j’ai l’impression que ce qui attire le lecteur c’est souvent des histoires chelou quand même je m’en suis rendue compte consciemment dernièrement lors des résultats pour le prix d’un roman étudiant avec une histoire malsaine sérieux mais pourquoi ce qui a la côte en contenu textuel c’est régulièrement les scénarios les plus tordus j’ai l’impression que le cerveau est programmé pour l’inexemplaire à défaut de perdre la transmission des mythes on est abasourdi par du storytelling.